[VIDEO] Les otaries du bout du monde
[VIDEO] Les otaries du bout du monde
Aujourd'hui, nous retournons à Punta Vicente Roca, car les scientifiques ont besoin de plus de temps pour procéder à la collecte des échantillons. Il nous a fallu deux heures et demie pour naviguer depuis notre abri de Fernandina : nous arrivons vers 10 heures du matin dans l'impressionnante crique du nord d'Isabela. Cette fois-ci, je profite de l'occasion pour débarquer : je sais le bateau en sécurité, dans les mains de Rubia, notre intendante. En parcourant la distance qui sépare le navire de la zone de travail, nous croisons la route d'un manchot des Galápagos (*Spheniscus mendiculus*), l'un des manchots les plus rares et vulnérables au monde, le seul vivant naturellement sous l'équateur. Plus loin, les cormorans aptères battent l'air de leurs ailes atrophiées en rentrant de leur partie de pêche. Nous arrivons au pied de la colonie d'iguanes, localisée sur un bout de rocher en pente, entre une falaise infranchissable et la longue houle du large qui se brise en contrebas. Les lézards, indolents, se désintéressent toujours autant de nos activités. Les otaries des Galápagos, en revanche, nous ont bien repérés. Une maman et son petit sont, je le suppose en les observant, au beau milieu d'un cours de natation. Il faut dire que le puissant ressac rend l'atterrissage un peu complexe : imaginez-vous une petite otarie d'un mètre seulement, à la force de son corps, qui doit se hisser sur les pierres sans perdre son équilibre ! Je regarde, fasciné. Au-dessus de moi, un fou à pieds bleus passe à pleine vitesse et achève un tableau foisonnant, malgré l'âpreté du paysage. 🎥 Félix Jobbe